Un des livres qui m’a intéressée dernièrement est « L’art comme thérapie » d’Alain de Botton (philosophe) et de John Armstrong (historien), édité par Phaidon. Vous pouvez le trouver dans :
http://www.amazon.fr/Art-Thérapie-Alain-Botton/dp/0714869031

J’ai été captivée par la manière dont les auteurs ont choisi les oeuvres et leur analyse pour illustrer la méthodologie qu’ils apportent. Pour eux, l’art possède sept fonctions : se rappeler, l’espoir, la tristesse, le rééquilibre, la compréhension de soi, la croissance et l’acceptation. Leur vision du sens de l’art et ce qui compte comme bon dans l’art dans ses différentes lectures, c’est-à-dire technique, politique, historique, effectiste et thérapeutique, me paraît très judicieuse. Dans le livre ils suggèrent même comment acheter, vendre, étudier et exhiber l’art.

¿Comment devrait s’exhiber l’art ? Les auteurs soutiennent que nous devrions récupérer l’idée de définir un programme artistique qui se centrerait dans des fins strictement humaines et pas supra-naturelles comme dans le passé. Les artistes seraient invités à suivre une mission didactique : aider l’humanité dans sa recherche de la connaissance de soi, l’empathie, le réconfort, l’espoir, l’acceptation de soi et la réalisation. Les questions « de quoi s’agit l’art ? » et « à quoi sert l’art ? » ne seraient plus opaques. Il y aurait encore, naturellement, des artistes majeurs et mineurs, mais leurs prétentions seraient évidentes, et leur bénéfice pour la société serait plus facile à comprendre et défendre.

Ils proposent un programme d’expositions et aussi de placer des oeuvres spécifiques dans des endroits qui auraient besoin de : corriger les croyances ou pertes de perspectives ; donner des alternatives ; nous rappeler les luttes universelles quotidiennes ; servir de catalyseur pour le calme et le stoïcisme ; réfuter l’obsession éronée avec le glamour promus par les médias dans nos sociétés commerciales ; éloigner de la routine, du manque de vie intérieure, de la stérilité et du cynisme délibéré ; nous aider à surmonter les difficultés extraordinaires que nous avons pour nous imaginer dans les autres périodes de la vie ; ne pas vivre sans sens, sinon nous motiver à maintenir dans notre esprit nos priorités, si facilement submergées par nos préoccupations quotidiennes ; corriger l’ignorance des processus de travail en dehors de nos sphères professionnelles spécifiques et montrer les bénéfices qu’on peut y trouver ; nous rappeler les coûts que les organisations commerciales peuvent imposer à l’humanité, corriger l’abstraction numérique ; nous re-humaniser dans les yeux de l’autre ; corriger la tendance vers la dépression nationale ; motiver une classe intelligente dans l’orgueil collectif.

Dans le moment actuel, je pense qu’il est nécessaire de re-penser la fonction de l’art. Alain de Botton et John Armstrong nous proposent une vision thérapeutique très judicieuse, je vous invite à lire leur ouvrage !

L’image est du dieu Apollon, dieu de l’art et de la médecine entre autres.